Avec l’Institut photovoltaïque d’Ile-de-France, EDF, Total, le CNRS, l’Ecole polytechnique et l’Etat espèrent rattraper le retard français dans les cellules solaires. Le centre de recherche se penche sur les cellules à haut rendement.

Ce Mardi 18 décembre, a été inauguré à Palaiseau (Essonne) l’Institut photovoltaïque d’Ile-de-France (IPVF) qui vise l’excellence en matière de recherche et développement des futures cellules photovoltaïques. Avec ce nouveau centre de recherche, la France vise les cellules à haut rendement de conversion de l’énergie solaire et à faible coût de production.

L’IPVF est l’un l’institut pour la transition énergétique (ITE) qui réunit deux actionnaires principaux (EDF et Total), deux organismes de recherche (le CNRS et l’Ecole polytechnique) et des partenaires industriels (Air Liquide, Horiba et Riber). Il a été soutenu à hauteur de 16 millions d’euros par l’Etat depuis 2012 par le biais du programme des investissements d’avenir. Cet investissement public représente le quart de l’investissement total.

Viser le « trois fois 30 »

Le constat est partagé par tous les acteurs impliqués dans l’IPVF : la France a raté le coche des cellules photovoltaïques. Bilan : « le domaine est un peu trop asiatique à notre goût », concède Jean-Bernard Levy, PDG d’EDF. Ce retard n’est pas sans raison. Il y a cinq ans, lorsque l’idée de l’IPVF a pris forme, les efforts de recherche d’EDF et de Total dans le photovoltaïque « étaient insuffisants et sous-critiques », rappelle Jean-François Minster, le président de l’IPVF.

Total s’allie à Polytechnique et s’installe à SaclayA l’occasion de l’inauguration de l’IPVF, le PDG de Total a annoncé que son entreprise allait s’associer avec l’Ecole polytechnique. Les deux acteurs vont ouvrir un nouveau centre d’innovation et de recherche. Total va ainsi rejoindre le plateau de Saclay, « un écosystème mondial d’innovation » qui « va regrouper entre 20 et 25 % de la recherche scientifique française ».

« Deux axes de travail seront privilégiés : le digital, en particulier l’intelligence artificielle, et la gestion de l’énergie bas-carbone », explique l’entreprise. La collaboration débutera dès février 2019, avec le transfert de la direction de la R&D de Total à Saclay. L’ouverture officielle du nouveau centre est annoncée à l’horizon 2022.

Constatant que le marché était « submergé » de cellules made in China, l’Etat a décidé d’investir près de 20 millions d’euros pour la création et les premières années de fonctionnement de l’Institut, explique Guillaume Boudy, secrétaire général pour l’investissement. Une proposition d’investissement supplémentaire a d’ores et déjà été présentée au Premier ministre dans le cadre d’Investissement d’avenir. Matignon doit y répondre « au plus vite », assure François de Rugy, ministre de la Transition écologique.

Les partenaires de l’IPVF n’ont pas jugé utile de courir derrière des concurrents qui avaient déjà trop d’avance. Ils ont privilégié l’innovation et misé sur les futures cellules à haut rendement. Cette ambition s’incarne dans l’objectif « trois fois 30 » affiché par les partenaires de l’IPVF : dépasser 30 % de rendement et passer sous un coût de 30 cts d’euros par watt avant 2030. L’objectif de réduction des coûts est déjà atteint par les professionnels du secteur. Reste l’atteinte des hauts rendements. Les partenaires de l’IPVF assurent être sur la bonne voie.

S’agissant de l’aboutissement des travaux de l’Institut, les partenaires voient dans ces travaux l’opportunité de détenir les droits de propriété intellectuelle indispensables aux cellules photovoltaïques du futur. Ils envisagent aussi un développement d’emplois industriels en France. « On l’espère », nuance le PDG d’EDF.

La France mise sur le solaire

Pour y parvenir, le centre de recherche veut à mettre en œuvre des synergies entre la recherche privée et la recherche publique, ainsi qu’entre la connaissance académique et les capacités industrielles. L’objectif est d’installer l’IPV « au premier rang mondial » des acteurs intervenants sur les options de recherche retenues.

Il s’appuie aussi sur les ambitions de la future PPE qui prévoit de sensiblement développer les installations photovoltaïques. Le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) annoncé au mois de novembre prévoit que la capacité installée de production d’électricité à partir du solaire passe d’un peu moins de 9 gigawatts (GW) actuellement à entre 35 et 45GW en 2028Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, a d’ailleurs rappelé que son groupe a lancé il y a un an un plan solaire qui prévoit l’installation de 30 GW de photovoltaïque entre 2020 et 2035. Total affiche aussi des ambitions dans le secteur : installer 10 GW de capacités photovoltaïques sur les dix prochaines années.

Source – Actu environnement