D’ici quelques mois, il sera possible d’installer une centrale photovoltaïquede100 à 500 kWc sur le toit d’un bâtiment sans passer par un appel d’offres. De nouvelles opportunités d’investissement en perspective pour le monde agricole qui ne doivent pas faire oublier la pertinence des centrales de 36 à 100 kWc, toujours très rentables selon le montant du raccordement. Reste à construire un dossier bien ficelé, capable de répondre aux nouvelles exigences administratives et réglementaires.

Sur les toits des bâtiments agricoles, les centrales photovoltaïques ont toujours la cote. Les grosses encore plus. Depuis environ un an, le directeur général de la société Electro Concept Énergie (ECE), Philippe Soret, constate une augmentation de puissance des installations acquises par les agriculteurs. La raison : un projet de décret annoncé lors su Salon de l’agriculture 2020 qui prévoit de faire passer la limite des projets en guichet ouvert, c’est à dire sans nécessité de passer un appel d’offres, de 100 à 500 kilowatt-crète (kWc). En cours de lecture par la Comission européenne, ce décret permettra ainsi d’exploiter jusqu’à 2500 m² de toit d’un seul tenant contre 500 m² environ à l’heure actuelle.

« Cela ouvre inévitablement de nouvelles perspectives pour les investisseurs, même si, pour les agriculteurs, cela sera moins intéressant financièrement au-dessus de 300 kWc » juge Philippe Soret. Au-delà de ce seuil, la puissance des onduleurs associés (exprimée en kilovoltampère ou kVA) augmente en conséquence, ce qui oblige l’installation d’un poste de transformation haute tension qui convertit les 400 volts en 20 000 volts. « Ce poste coûte 80 000 euros. En dessous d’une puissance d’onduleur de 250 kVA, il est à la charge d’Enedis. Au-dessus, cela devient la propriété du producteur d’électricité » Une contrainte de taille qui rend les centrales de 300 kWc et plus intéressantes pour ceux possédant déjà un tel équipement. « Dans ce créneau, je vois plutôt des petites entreprises industries que des exploitants agricoles, même s’il peut y en avoir par-ci par-là » estime le dirigeant d’ECE.

36 à 100 kWc : toujours aussi rentable

En attendant la sortie de ce décret avant la fin du premier semestre 2021, ECE continue d’engranger les demandes de centrales photovoltaïques sur des bâtiments agricoles « Entre tois et quatre par jour » constate le gérant d’ECE. Par elles, des « anciens » investisseurs qui ont fini de rentabiliser leur installation et souhaitent gonfler la puissance globale avec de nouveau panneaux : et puis des « nouveaux » qui disposent d’une surface de toit potentielle comprise entre 500 et 1 000 m².  » À eux, je leur conseille une première tranche de 100 kWc aujourd’hui, qu’ils pourront augmenter 18 mois plus tard tout en conservant le premier compteur ». Au niveau tarifaire (le kWh est actuellement racheté 9,76 centimes d’euros par EDF Obligation d’achat), la centrale comprise en 36 et 100 kWc conserve une rentabilité toujours aussi bonne, avec un retour sur investissement inférieur à dix ans si le montant du raccordement est favorable.

Mutualiser le raccordement : oui, mais…

C’est en effet ce paramètre qui fait aujourd’hui capoter nombre de projets « Sur les dossiers qu’on traite, entre 20 et 30% n’aboutissent pas à cause des frais de raccordement trop élevés », souligne Philippe Soret. D’où l’idée évoquée ici et là de mutualiser les frais de raccordement entre plusieurs exploitations agricoles. Séduisante sur le papier, cette perspective reste confrontée à plusieurs problématiques pour espérer être mise en œuvre facilement, et partout  » Quand on parle de regroupement, il faut entendre trois ou quatre projets dans le même village, et sur la même branche du réseau. Le souci est que beaucoup de fermes sont très éloignées les unes des autres. Dans ce cas, la mutualisation du raccordement me semble techniquement bien compliquée à mettre en oeuvre » indique Philippe Soret.

Une gestion administrative plus lourde

Reste un point essentiel si l’on veut se lancer dans la production d’énergie solaire : la construction d’un dossier bien ficelé, répondant aux dernières exigences législatives et règlementaires, il faut par exemple délivrer un titre de propriété de moins de deux ans pour tout nouveau projet photovoltaïque au-delà de 36 kWc. « Dans le monde agricole, cela peut compliquer les dossiers dans la mesure où le propriétaire du bâtiment n’est pas toujours celui du terrain. Cela nous oblige alors à adapter le traitement administratif du dossier pour que la demande de raccordement puisse être qualifiée » fait remarquer Philippe Soret. Face à cette complexité administrative accrue, il recommande à tout porteur de projet de se mettre en relation avec une entreprise qui a un réseau bien établi et qui « connait bien les rouages du système ». C’est le cas d’Electro Concept Energie qui a été identifié par Enedis parmi les interlocuteurs référents de la région Grand Est.

Un partenariat « solide » avec les constructeurs de bâtiments

Grâce à sa solide expérience dans le secteur ECE a su également tisser de solides relations avec des constructeurs de bâtiments agricoles. Un atout qui facilite grandement la mise en œuvre de centrales photovoltaïques lorsqu’ils sont intégrés a un nouveau bati. Celui-ci est ainsi soigneusement étudié pour optimiser au maximum le rendement de l’installation photovoltaïque « En travaillant de cette manière, on s’aperçoit qu’il ne faut pas nécessairement avoir un bâtiment exposé plein sud pour être performant. Une orientation est/ouest avec un toit en faible pente fonctionne très bien aussi » Electro Concept Énergie invite donc les constructeurs de bâtiment à bien choisir leur partenaire en cas de projet de centrale solaire. « Si jamais ils donnent le nom d’une entreprise, et que ça se passe mal, c’est leur réputation qui sera écornée à l’arrivée » Sur ce terrain-là, ECE n’a pas à rougir au vu des multiples avis récoltés et visibles sur son site internet, « il y a notamment des avis de clients agriculteurs qui exploitent une centrale depuis dix ans et plus. Et ce sont des vrais avis, contrôlés de manière indépendante par l’Afnor » conclut-il.

Source : Dossier Energie – Magazine Expertise Comptable