Sébastien Lecornu : «Le photovoltaïque est une énergie très compétitive»

Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Environnement, précise le «Plan solaire» du gouvernement.

C’est l’été et le gouvernement profite du grand bleu pour annoncer ses ambitions en matière d’énergie solaire. Ce jeudi Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat à l’environnement, annonce le plan solaire du gouvernement et la mobilisation « place au soleil ». Des acteurs de la grande distribution à la SNCF en passant par l’armée s’engagent à développer cette énergie renouvelable et rentable.

Pourquoi initier un plan solaire ?

SÉBASTIEN LECORNU. Le gouvernement s’est engagé à débloquer massivement toutes les énergies renouvelables. Or le solaire est la plus belle des promesses. D’abord parce que le photovoltaïque, comme le solaire thermique avec les chauffe-eau, est populaire – bien moins controversé que l’éolien, par exemple. C’est aussi une énergie renouvelable très compétitive : Le coût n’a cessé de baisser. Désormais à 55 €/MWh, c’est très proche du prix du marché.

Grande distribution, SNCF, armées, agriculteurs, vous avez mobilisé de grands acteurs sur cet objectif ?

Avant de mobiliser les acteurs, l’Etat a débloqué une mise de départ indispensable. Le gouvernement a ainsi ajouté 1 gigawatt au volume des appels d’offres (désormais 2,45 gigawatts par an) pour soutenir le développement de cette énergie. Par ailleurs, nous avons identifié que l’un des enjeux majeurs est la mobilisation de terrains pour installer des panneaux photovoltaïques alors nous avons effectivement parlé avec tous ceux qui disposent de fonciers. Résultat, l’armée s’engage à mobiliser plus de 2000 ha, parmi les géants de la grande distribution, Auchan promet 60 ha, Les Mousquetaires et Systèmes U 50 ha, Leclerc 30 ha, et Carrefour et Casino vont aussi prendre des engagements dans les prochaines semaines. Ces résultats sont le fruit de rencontres répétées avec les acteurs qu’il a fallu convaincre de s’engager volontairement plutôt que d’attendre des normes obligatoires.

Plus surprenant peut-être, le monde du patrimoine participe au développement des énergies renouvelables ?

Oui. Installer du photovoltaïque sur des architectures classéesconstitue d’ailleurs une opportunité à saisir pour l’industrie française. Le photovoltaïque à bas coût est en effet dominé par les producteurs chinois, mais sur les technologies qualitatives, les Français n’ont pas dit leur dernier mot. Pouvoir intégrer de manière discrète des énergies renouvelables répond par ailleurs aux demandes des associations du patrimoine qui veulent préserver la qualité paysagère tout en finançant leur patrimoine. Je peux d’ores et déjà vous dire qu’en septembre, avec l’appui de Stéphane Bern, nous financerons une dizaine de projets innovants. Nous espérons ainsi amorcer la pompe de la technologie française !

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Source – Le Parisien